Quand on signe un prêt immobilier, on regarde surtout le taux. L’assurance, elle, est souvent acceptée telle que la banque la propose. Pourtant, vos garanties assurance emprunteur décident de ce qui se passera le jour où un problème de santé vous empêche de travailler. Voici le cas d’un couple que nous avons accompagné récemment : ce qu’il a découvert en lisant son contrat, la solution retenue et ce que cela change, en euros et en protection.
En bref
- Le prix ne suffit pas : deux contrats au même tarif peuvent protéger très différemment.
- Trois points à vérifier en priorité : l’invalidité, le dos et les troubles psychiques, la situation sans activité.
- Depuis la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance emprunteur à tout moment, sans frais de résiliation.
- Dans notre exemple : de meilleures garanties et environ 6 000 € d’économie sur la durée du prêt.
Sommaire
Le point de départ : un contrat bancaire signé sans comparer
Thomas et Claire (prénoms modifiés) forment un couple d’actifs, non-fumeurs. Ils viennent d’acheter leur maison avec un prêt d’environ 360 000 €, sur un peu plus de 22 ans. Ils ont pris l’assurance de leur banque, comme beaucoup d’emprunteurs.
Leur contrat couvre Thomas à 100 % et Claire à 55 %. C’est ce qu’on appelle la quotité : la part du prêt prise en charge par l’assurance si l’un des deux ne peut plus payer. Ici, si Thomas a un problème, l’assurance prend en charge la totalité ; si c’est Claire, un peu plus de la moitié.
Leur assurance leur coûte environ 68 € par mois. Ils sont venus nous voir avec une question simple : « Peut-on payer moins cher ? » En lisant le contrat avec eux, la vraie question est devenue : « Sommes-nous bien protégés ? »
Les garanties assurance emprunteur qui ont fait la différence
Nous avons comparé leurs garanties assurance emprunteur avec plusieurs offres, à quotités identiques. Sur le décès et l’arrêt de travail « classique », tout se ressemblait. Les écarts se cachaient dans trois détails.
1. L’invalidité totale : mensualités ou capital ?
L’invalidité totale, c’est quand une personne est reconnue durablement incapable d’exercer une activité (ici, au-delà de 66 % d’invalidité). Le contrat de la banque payait alors les mensualités. Le contrat retenu, lui, rembourse le capital restant dû, c’est-à-dire tout ce qu’il reste à rembourser.
Pourquoi c’est important ? Imaginons que, dans six ans, Thomas soit reconnu invalide. Le couple doit vendre la maison pour un logement de plain-pied. Il reste environ 300 000 € à rembourser :
- avec le contrat de la banque, la vente rembourse le prêt et l’assurance s’arrête. Le couple ne touche rien : tout est pris sur le prix de vente ;
- avec le nouveau contrat, l’assurance rembourse les 300 000 €. Le prix de vente reste disponible pour le nouveau logement.
2. Le dos et les troubles psychiques
Beaucoup de contrats limitent la prise en charge du mal de dos ou des troubles psychiques (dépression, burn-out). Dans le contrat de la banque, il fallait au moins 5 jours d’hospitalisation pour être indemnisé.
Exemple : un burn-out de six mois, soigné à la maison. Avec le contrat bancaire : 0 €. Avec le nouveau contrat : environ 1 850 € par mois après la franchise de 90 jours (la période pendant laquelle l’assurance ne paie pas encore), soit environ 5 500 € au total.
3. Une période sans activité
Un congé parental, une période entre deux emplois… Le contrat bancaire réduisait de moitié la prise en charge si l’assuré n’avait pas d’activité au moment de l’arrêt. Le nouveau contrat couvre ces situations à 100 %.
Le prix : cotisation fixe ou variable ?
Deux façons de calculer la cotisation existent :
- cotisation fixe : le même montant chaque mois jusqu’à la fin du prêt ;
- cotisation variable : elle est calculée sur ce qu’il reste à rembourser et selon l’âge. Elle démarre souvent plus bas, puis peut augmenter.
Pour Thomas et Claire, la solution conseillée était à cotisation variable : environ 45 € par mois la première année, avec une hausse progressive (jusqu’à environ 66 €), toujours sous les 68 € du contrat actuel. Sur toute la durée du prêt, l’économie atteint environ 6 000 €, une fois déduits les frais de mise en place (environ 500 €, payés une seule fois).
Nous leur avons aussi présenté une alternative à cotisation fixe, autour de 54 € par mois. Elle devient plus intéressante s’ils pensent revendre ou renégocier leur prêt d’ici 8 à 12 ans : sur les 8 premières années, c’est elle qui coûte le moins. Bon réflexe : posez-vous la question de vos projets avant de choisir.
Ces chiffres sont un exemple arrondi, liés à ce couple, à son âge et à son prêt. Chaque situation est différente et les tarifs restent soumis à l’acceptation médicale de l’assureur.
Changer de contrat : les étapes et la check-list
Depuis la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance emprunteur à tout moment, sans frais de résiliation. Une condition : le nouveau contrat doit offrir des garanties au moins équivalentes à celles exigées par votre banque. C’est ce qu’on appelle l’équivalence de garanties.
Les étapes, dans l’ordre
- Récupérer la fiche personnalisée remise avec l’offre de prêt : elle liste les garanties exigées par la banque.
- Comparer vos garanties assurance emprunteur avec d’autres offres, à quotités identiques.
- Souscrire le nouveau contrat (questionnaire de santé si nécessaire).
- Envoyer la demande de substitution à la banque, avec la date d’effet du nouveau contrat.
- La banque répond sous 10 jours après réception du dossier complet. Un refus doit être motivé.
- Signer l’avenant à l’offre de prêt : le taux du crédit ne change pas.
Comptez en général deux à trois mois au total. Bon à savoir : Claire n’a pas eu de questionnaire de santé. La loi le supprime quand la part assurée reste sous 200 000 € par personne et que le prêt se termine avant les 60 ans de l’assuré. Thomas, assuré pour plus de 200 000 €, a dû le remplir.
Votre check-list pour relire vos garanties assurance emprunteur
- En invalidité totale : le contrat rembourse-t-il le capital ou seulement les mensualités ?
- Dos et troubles psychiques : faut-il une hospitalisation ou une opération ?
- Arrêt de travail : l’indemnisation dépend-elle de votre métier ou de « toute activité » ?
- Sans activité au moment de l’arrêt : êtes-vous couvert, et à quel niveau ?
- Franchise : combien de jours sans indemnisation ?
- Prix : comparez le coût total sur la durée du prêt, frais compris, et pas seulement la mensualité.
Pour aller plus loin sur la comparaison, lisez aussi notre guide sur la délégation d’assurance emprunteur.
Sources officielles : economie.gouv.fr – changer d’assurance emprunteur et aeras-infos.fr – les questionnaires de santé.
Questions fréquentes
Ma banque peut-elle refuser mon nouveau contrat ?
Oui, mais seulement si les garanties ne sont pas équivalentes à celles qu’elle exige. Son refus doit être motivé. Elle ne peut ni modifier votre taux, ni vous facturer de frais pour ce changement.
Faut-il attendre un an pour changer ?
Non. Depuis le 1er septembre 2022, le changement est possible à tout moment, y compris pendant la première année du prêt.
Changer d’assurance vaut-il le coup si l’économie est faible ?
Oui, si les garanties sont meilleures. Dans le cas de Thomas et Claire, la protection en cas d’invalidité ou de burn-out comptait autant que l’économie. Comparez toujours le prix et les garanties assurance emprunteur.
Faire vérifier vos garanties
Un contrat d’assurance emprunteur se juge le jour où l’on en a besoin. Prenez dix minutes pour relire vos garanties assurance emprunteur avec la check-list ci-dessus. Et si vous voulez un regard extérieur, CAPPA Courtage, courtier indépendant à Nantes, compare pour vous les offres de ses partenaires, à garanties équivalentes ou meilleures. Découvrez notre accompagnement en assurance emprunteur ou demandez votre étude gratuite et sans engagement.
Article à visée informative, mis à jour en octobre 2026. Les conditions dépendent de chaque contrat : demandez une étude personnalisée.